L’Ile Hareng

22/12

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Loïck Peyron et le trophée Jules Verne

Loïck Peyron et son équipage sont en vue du Cap Horn, et filent un train d’enfer. Ils ont, sur la route du trophée Jules Verne, une avance qui s’établit quasiment à 6000 miles.

Alors je dis bravo. Bravo monsieur Peyron.

Mais, c’est tout.

Pas plus que bravo, pas d’applaudissement, pas de frénésie, d’admiration, non.

Parce que finalement ; tout le monde sait que le climat change. Qu’on a beaucoup plus de vent aujourd’hui, qu’il y a dix ans. Quand on fait de la voile, plus de vent, c’est moins de temps et plus de record.

On sait aussi que les matériaux, les technologies ont évolué. Au football, ça joue déjà, alors quand on fait de la voile, pensez-donc !

En fait, le prochain équipage qui partira pour cette course, à condition qu’il ne tape pas une baleine, qu’il ne s’écrase pas sur une plate-forme pétrolière ou un cargo, et qu’il parte dans le bon sens, est quasiment assuré d’être plus rapide que l’auteur du précédent record.

Dès lors, bravo… Mais pas plus.

Surtout qu’à bien réfléchir… Est-il plus valeureux de détenir un record de 23 jours, ou d’avoir lutté contre les éléments pendant 100 jours ?

Au final, vous risquez d’être, monsieur Peyron, le même héro que celui qu’on nous décrit dans les romans comme « montant quatre à quatre les trois marches du perron » : Une illusion.

Alors, je dis bravo. Parce que moi je ne le ferais pas. D’abord parce que je suis trop vieux, ensuite, parce que je n’ai pas le temps, également parce que ça ne sert à rien, et surtout parce que je ne sais pas nager.

Et toc !

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