21/10
Les éboueurs privés d’étrennes…
Lu dans un journal régional, (L’Aisne Nouvelle NDLR); la communauté de commune du Vermandois vient d’interdire aux éboueurs placés sous son autorité,
la vente des calendriers étrennes. Cette collectivité territoriale a décidé de mettre un terme à une tradition qui remonte au temps de la création des étrennes, des déchets, et des sesterces. Honte à elle !
Mais que reproche-t-elle aux dites étrennes ?
Argument massue, les usagers paient déjà pour le service. Voilà qui n’est pas nouveau et les usagers en question peuvent témoigner que pour payer… Ils payent. Notez, avec l’addition, au restaurant, on n’interdit pas le pourboire ! Mais, je le concède, on ne parle pas de la même chose.
Argument Kalashnikov, les personnes donnant des étrennes seraient favorisées. (Par exemple, on suppose que les numéros 14 16 et 18 de la rue Marcel Detable donnent des étrennes, les éboueurs, pour faire moins de bruit, éteignent le moteur et poussent le camion devant ces habitations…) Peut-être, hein ? Parce que sinon… L’avantage que tout un chacun peut retirer de la corruption d’éboueur me paraît bien mince.
Argument grenade, les sommes récoltées ne seraient pas équitablement partagées. Il est vrai, soit… Je me souviens m’être toujours interrogé sur la petite phrase qui ornait les calendriers des éboueurs: “Le conducteur de la benne et les agents vous présentent leurs meilleurs voeux”. On sentait bien qu’il y avait un chef; un vrai. Mais bon, en quoi cela regarde la communauté de commune, et si les grades existent n’y est-elle pas pour quelque chose?
Argument risible, ces gains, estimés à 2000 € (On ne sait d’ailleurs pas comment l’estimation est faite si les sommes ne sont pas équitablement partagées…) ne seraient ni soumis à l’impôt ni aux cotisations URSSAF !!! Ce serait donc aux étrennes des éboueurs que nous devrions le déséquilibre des comptes public !
Voilà donc les étrennes des éboueurs accablées de tous les maux.
Je souhaite ici, modestement, livrer un avantage que portait cette tradition. Elle avait le mérite de nous faire croiser une fois l’an, celles et ceux à qui on confie le sale boulot, dans d’autres conditions que l’exécution de leur tâches. Les poubelles, on les sort discrètement le soir, et hop, comme par magie, le matin on peut les rentrer. Alors, pouvoir une fois dans l’année, croiser et remercier ceux qui s’en chargent, je trouvais ça pas mal. Sans compter que personne n’est obligé de donner.
Et les facteurs, pompiers, associations de quartier ? Auront-ils encore le droit, dans le canton de Vermand de présenter leur calendrier ? Ou serons nous tous contraints de remplacer les petits chatons de l’almanach des postes par un calendrier de rugbymens à poils ?
Il faut savoir, de plus, que les très intelligents membres dirigeants de cette communauté de communes ont lancé leur interdiction, après que les personnels se soient fournis en calendriers et les aient payés. Qu’est-ce qu’ils sont malins les dirigeants de la communauté de communes !
Messieurs les éboueurs, je crains que vous n’ayez été trop insouciants. Les pires ordures auxquelles vous avez à faire face ne se trouvent peut-être pas dans les poubelles de votre circonscription…

